Selon le Project Management Institute, près de 14 % du budget des projets est perdu à cause de risques mal anticipés. Pour un chef de projet, cette réalité impose un constat simple : identifier et hiérarchiser les menaces en amont est un levier direct de performance.
Plutôt que de réagir dans l'urgence, une matrice des risques bien construite vous permet de structurer votre analyse, de mobiliser vos équipes sur les priorités et de sécuriser vos livrables. Ce guide vous accompagne pas à pas, de la construction de votre modèle à son exploitation quotidienne.
Assurez-vous que votre projet reste sur la bonne voie en téléchargeant notre modèle de plan de gestion des risques, un outil essentiel pour tous les chefs de projet.
Créer un plan de gestion des risquesUne matrice des risques est un outil d'analyse qui permet d'évaluer en amont la probabilité et la gravité des risques liés à un projet. Une fois ces deux éléments évalués, vous pouvez alors représenter chaque risque de manière visuelle dans votre matrice afin d'en calculer les éventuelles répercussions. Ces résultats aideront votre équipe à hiérarchiser les risques du projet plus facilement et à les gérer efficacement.
Pour construire une matrice des risques vraiment efficace, commencez par recenser toutes les catégories de risques susceptibles d'impacter votre projet. Cette identification des risques, étape clé de la gestion des risques, permet de structurer un registre des risques pertinent et de mieux anticiper les conséquences potentielles pour chaque livrable ou objectif.
Voici les grandes familles de risques à intégrer dans votre analyse :
Risque stratégique : problèmes liés aux décisions majeures, à la vision long terme, ou à la sélection de partenaires (fournisseur, logiciel…).
Risque opérationnel : erreurs de processus, défauts de planification, failles de communication ou d'organisation entre équipes.
Risque financier : tout événement susceptible d'affecter le chiffre d'affaires ou la rentabilité, comme les fluctuations du marché, les actions en justice ou les risques de non-paiement.
Risque technique : incidents touchant les technologies, systèmes, sécurité informatique, interruptions de service ou dommages matériels.
Risque externe : aléas totalement extérieurs à l'entreprise (catastrophe naturelle, incendie, pandémie…).
Selon votre secteur d'activité, d'autres types de risques peuvent aussi exister : risques juridiques, réglementaires, liés à la fabrication ou à la chaîne d'approvisionnement.
Pour chaque risque identifié, indiquez dans le registre sa catégorie, son niveau de gravité, sa probabilité d'occurrence et l'action préventive à mettre en place.
La création d'un modèle de matrice des risques commence par la définition d'une échelle de gravité et d'une échelle de probabilité, qui vont structurer votre outil d'analyse.
L'échelle de gravité forme les colonnes de la matrice : chaque niveau correspond à l'impact potentiel d'un risque sur le projet, du négligeable au catastrophique.
L'échelle de probabilité forme les lignes : elle estime la probabilité d'occurrence de chaque risque, du très improbable au très probable.
Dans un modèle classique en 5 × 5, chaque case croise un niveau de gravité et un niveau de probabilité, pour attribuer à chaque événement un score d'impact unique.
Cette méthode permet de hiérarchiser les risques identifiés :
Faible (1 à 6) : surveillance simple, peu de conséquences à prévoir.
Moyen (7 à 12) : nécessitent un suivi et, si besoin, des actions préventives à intégrer à votre plan de gestion des risques.
Élevé (13 à 25) : ces risques critiques peuvent mettre en péril le projet et doivent être prioritaires dans votre plan d'action.
Le choix de la taille de votre matrice dépend du niveau de précision recherché. Voici un comparatif rapide :
Taille de la matrice | Nombre de cases | Précision | Cas d'usage recommandé |
|---|---|---|---|
3 × 3 | 9 | Faible | Projets simples, évaluation rapide |
4 × 4 | 16 | Moyenne | Projets intermédiaires, PME |
5 × 5 | 25 | Élevée | Projets complexes, environnements réglementés |
Adaptez la terminologie de votre matrice à votre secteur d'activité et à la nature de vos projets. L'essentiel : intégrer chaque risque dans un registre des risques à jour, accessible à tous les membres de l'équipe, et actualisé à chaque évolution du contexte.
Une matrice 5 × 5 offre un spectre de couleurs plus étendu (vert, jaune, orange, rouge) vous permettant de visualiser en un clin d'œil la criticité de chaque risque.
Vous pouvez télécharger un modèle gratuit de matrice des risques en suivant le lien ci-dessous. Utilisez ce modèle pour représenter graphiquement les risques de votre projet et déterminer leur incidence globale.
Modèle gratuit de matrice des risquesVotre matrice des risques est un outil d'analyse complet, et une fois votre modèle créé, plus besoin de repartir de zéro pour chaque nouveau projet. Vous pouvez en effet le réutiliser à votre guise et le partager avec vos collègues.
Pour pouvoir utiliser votre matrice, il faudra tout d'abord dresser la liste complète des risques qui pourraient potentiellement affecter le projet sur lequel vous travaillez.
Afin d'identifier au mieux ces risques, il est essentiel de bien comprendre la portée de votre projet ainsi que ses objectifs. Veillez donc à bien considérer les éléments suivants :
Servez-vous de la portée de votre projet pour guider votre réflexion et identifiez les situations à risques qui pourraient perturber l'atteinte de vos objectifs. Utilisez des techniques de brainstorming comme les cartes heuristiques ou encore le starbursting pour répertorier autant de risques que possible. L'erreur la plus fréquente à cette étape : se limiter aux risques évidents et négliger les menaces moins visibles mais potentiellement critiques.
En créant votre matrice, vous avez défini les critères de gravité et de probabilité de vos risques. Maintenant que vous disposez d'une liste claire des risques liés à votre projet, classez-les sur la base de ces critères. Examinez chacun d'entre eux en considérant tout d'abord l'échelle de gravité et posez-vous les questions suivantes :
Quelle est la pire conséquence que pourrait entraîner ce risque ?
Quels sont les pires dommages que pourrait entraîner ce risque ?
À quel point sera-t-il difficile de s'en remettre ?
Lequel des cinq niveaux de gravité correspond le mieux à ce risque ?
Il n'est pas toujours évident d'avoir le recul nécessaire pour évaluer avec justesse la gravité des conséquences d'un risque. Dans ce cas, rapprochez-vous des autres parties prenantes du projet pour mieux déterminer les répercussions potentielles. Attention au biais d'ancrage : ne laissez pas une première estimation influencer le reste de votre évaluation.
Une fois la gravité de chaque risque déterminée, la moitié de l'équation de l'analyse des risques est alors complétée. Il faut ensuite estimer la probabilité de chaque risque. Pour ce faire, posez-vous les questions suivantes :
Ce risque s'est-il déjà produit ? Si oui, à quelle fréquence ?
Des risques similaires à celui-ci se sont-ils déjà produits ?
Ce risque peut-il réellement se produire ? Si oui, quelle en est la probabilité ?
Il est important de noter que la collaboration d'équipe est essentielle à cette étape. Appuyez-vous sur les données de projets antérieurs pour objectiver vos estimations. Veillez à bien examiner ces derniers et à analyser la probabilité de chaque risque avec votre équipe afin d'élaborer le plan d'atténuation des risques le plus précis possible.
[À lire] Gestion de projet : tirez parti des enseignements de chaque initiativeLa deuxième partie de votre équation d'analyse des risques consiste à calculer le degré d'impact du risque. La formule est la suivante :
Probabilité × gravité = impact du risque
Représentez chaque risque dans votre matrice en fonction de sa probabilité et de sa gravité, puis multipliez les chiffres correspondant à sa ligne et à sa colonne pour déterminer son degré d'impact. Par exemple, si vous pensez que le risque associé à une faille de sécurité est d'une gravité majeure (4) et d'une probabilité probable (4), vous multiplierez 4 par 4 pour obtenir un impact de risque égal à 16. Il s'agira donc d'un risque élevé.
Chaque risque ayant désormais une valeur numérique de 1 à 25 représentant son degré d'impact, les risques prioritaires sont alors clairement identifiables. Lorsque des risques présentent le même score d'impact, c'est à vous et à votre équipe de trancher. Ces risques seront cependant à considérer avec la même attention lors de l'élaboration de votre plan d'action.
Si par malheur les choses tournaient mal, il est essentiel que votre plan d'action de réponse aux risques comprenne des mesures de prévention et d'atténuation. Répartir les tâches au sein de votre équipe, par exemple via les Champs personnalisés d'Asana, permet de gagner en efficacité et de responsabiliser chaque membre sur les actions correctives qui lui incombent.
[À lire] Créer un plan d’action efficace pour plus de résultatsMême avec un modèle bien construit, certaines pratiques peuvent compromettre la fiabilité de votre analyse. Voici les pièges les plus fréquents à éviter :
Sous-estimer la probabilité par optimisme : les équipes tendent à minimiser la vraisemblance des risques familiers. Appuyez-vous sur des données historiques, pas sur l'intuition.
Confondre gravité et urgence : un risque grave n'est pas forcément imminent, et un risque imminent n'est pas forcément grave. Évaluez ces deux dimensions séparément.
Ne pas mettre à jour la matrice en cours de projet : un registre des risques figé perd toute pertinence. Prévoyez des revues régulières, idéalement à chaque jalon clé.
Évaluer les risques en silo : sans la contribution des parties prenantes concernées, votre analyse manquera de perspectives. Impliquez les équipes terrain dès la phase d'identification.
Ignorer les risques à faible probabilité mais à impact catastrophique : ces « cygnes noirs » méritent un plan de contingence et des stratégies d'atténuation des risques adaptées, même si leur occurrence semble improbable.
Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquentes sur la matrice des risques.
Une matrice des risques n'est pas un simple exercice documentaire : c'est un outil de pilotage qui aligne vos équipes sur les priorités et renforce la prise de décision collective. En intégrant l'analyse des risques dans votre cycle de gestion de projet, vous passez d'une posture réactive à une culture de l'anticipation.
Associer votre matrice à un outil de gestion du travail comme Asana vous permet de centraliser votre registre des risques, d'automatiser les alertes via les Automatisations, et de suivre les plans d'action en temps réel grâce aux Portfolios et aux Champs personnalisés. Vos parties prenantes disposent ainsi d'une visibilité partagée à chaque étape du projet.
Structurez votre gestion des risques dès aujourd'hui et donnez à vos équipes les moyens d'avancer en toute confiance.
Essayer la gestion du travail sur Asana